Djamel décroche un boulot grâce au Contrat d’Autonomie !

Le 1 octobre 2008
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Djamel1Djamel, 20 ans. Silhouette frêle. Démarche assurée. Le jeune homme n’a pas la langue dans sa poche. On peut même avancer qu’il n’a peur de rien. Pourquoi ? « Je n’ai rien à perdre ».
Lors de la visite de Fadela Amara sur le site Ingeus de Lille-Sud, il travaillait avec Emilie, sa conseillère Ingeus. Interrogé par la Secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la Ville, il a lancé : « je n’ai plus de rêve ». Impossible d’entendre ça sans réagir. La Ministre a surpris tout le monde et l’a pris sous son aile. « Moi, ça ne me faisait rien de la rencontrer, de lui parler. Politique ou pas, ça change rien. Ce qui est important pour moi, c’est que l’on respecte ses promesses ». Sur le terrain, Fadela Amara n’oublie pas Djamel. A la préfecture, elle l’emmène serrer la main aux patrons venus assister à la signature des premiers Contrat d’Autonomie : « elle m’a dit : viens, je vais te présenter et puis elle m’a laissé sa carte ». Le jeune de la cité des Bois-Blancs ne se fait pas d’illusion et pourtant : « le lendemain, une personne du cabinet de Fadela Amara a appelé pour savoir où j’en étais. A 14 heures, elle ma appelé en personne. Je suis content car elle a tenu sa parole. Je ne m’y attendais pas ».
Il faut dire que Djamel a la rage « de voir que les médias ne parlent des cités que lorsque des voitures brûlent », il se sent victime du racisme : « je venais déposer des CV. Au regard de la secrétaire, je savais qu’on n’allait jamais me rappeler. Pourquoi ? Parce qu’il y a mon nom. Ou peut-être parce que je viens d’une cité ? »Djamel2
Les injustices, Djamel les ressent depuis l’école : « c’est simple, un arabe, ça va en BEP, un blanc dans une filière généraliste. Mais nous, on n’a pas envie de faire ces métiers. Alors on ne travaille pas à l’école, on n’a pas d’expérience professionnelle, et voilà ». Une image bien sombre de la société. Mais aucune rancœur. La preuve : Djamel se bat, avec sa conseillère, il organise son CV, cible les entreprises qui l’intéressent : « je me sentais très seul avant de travailler avec Ingeus. Je n’avais pas de méthode pour rechercher un emploi, je ne savais pas forcément comment me valoriser ». Le binôme a très bien fonctionné puisque quelques jours après avoir signé son Contrat d’Autonomie, Djamel a décroché un job chez Carrefour : « je voulais travailler dans une grande enseigne. J’avais rencontré un directeur de Carrefour à la préfecture. Lui aussi a tenu sa parole ».
Aujourd’hui, Djamel souhaite servir de modèle : « je veux bien travailler, montrer qu’on a eu raison de me faire confiance. Et que nous, les jeunes des cités, on peut travailler comme les autres ». Le jeune homme pense dans un premier temps aider financièrement ses parents : « mon père ne peut plus travailler à cause de problèmes au cœur. Ma mère sait à peine lire et écrire ». Ensuite, comme tout le monde : « je veux avoir une famille ». En attendant, Emilie, sa conseillère, prend se ses nouvelles chaque semaine : « pour l’instant, tout se passe très bien. Djamel est toujours aussi motivé », nous a confié cette dernière.

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