Cités en mouvement : un réseau pour mettre en avant les initiatives des quartiers populaires !

Le 31 août 2012
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Créé en février 2011 par Bolewa Sabourin à Pantin, le collectif Cités en mouvement est une passerelle entre les différentes initiatives qui germent dans les quartiers. Ses membres peuvent être militants politiques, membres d’associations ou simplement des citoyens engagés. Leur objectif : obtenir une meilleure représentativité au sein des décideurs, publics comme privés.

Rencontre avec deux membres de la première heure : Mohamed Gareche et Anouck Jurauver. Ils ont 23 ans tous les deux, lui est parisien, elle vit à Chilly-Mazarin en Essonne. Ils étudient le droit et partagent une même ambition : développer un réseau assez large pour permettre l’accès de tous aux élites politiques, économiques ou culturelles.

Collectif577

> Comment avez-vous intégré Cités en mouvement ?

Mohamed Gareche : Bolewa Sabourin m’a contacté alors que j’étais animateur de centre de loisirs. Il avait remarqué que les associations ne communiquaient pas entre elles et il a voulu créer un réseau de terrain pour qu’elles puissent échanger. Personnellement, je me suis engagé en politique en 2007, j’avais également participé à des manifestations lycéennes. La démarche de Cités en mouvement est complémentaire : moins théorique que le militantisme classique, et plus constructive à long terme que les défilés.

Anouck Jurauver : Moi aussi, c’est la rupture avec l’académisme qui m’a plu.
Lorsque je me suis engagée en politique, j’ai réalisé le côté « replié sur soi » de ce milieu.

> Quelles sont les actions menées par Cités en mouvement ?

Anouck Jurauver : Je pense à un exemple, le sit-in que nous avons organisé place de la Contrescarpe à Paris, au pied de l’affiche géante “Au nègre joyeux” qui surplombait autrefois une chocolaterie. On y voit un homme noir au service d’une dame blanche et riche. Nous sommes choqués que ces affiches soient laissées là, comme éléments de décor, de façon anodine et naturelle. A défaut d’être retirées et placées dans un musée, elles pourraient être contextualisées, par une plaque par exemple. Avec le Collectif Anti-Négrophobie, nous avons entrepris des démarches en ce sens auprès des mairies d’arrondissements et nous continuerons avec l’aide d’un avocat si nécessaire.

Mohamed Gareche : Nous intervenons aussi au sein du collectif Stop le contrôle au faciès, qui a permis de déposer un projet de loi pour tenter d’en finir avec des contrôles arbitraires, grâce à une attestation qui pourrait être délivrée lors de chaque contrôle. Nous avons également réuni deux-cents personnes devant l’assemblée nationale pour dénoncer le manque de représentativité. Majoritairement composée d‘hommes blancs âgés, les femmes y sont sous-représentées. Quant aux ouvriers, je n’en parle même pas !

> Vous faites des propositions concrètes sur les questions de société. Agissez-vous aussi dans le domaine économique et professionnel ?

Mohamed Gareche : Si nous avons un mot d’ordre, c’est bien « le réseau » ! À diplôme égal entre un jeune de Paris et un jeune de banlieue, la différence, c’est l’absence de relations. C’est ce qui explique par exemple que des jeunes surdiplômés se retrouvent sans travail. Cela vaut aussi pour les jeunes non diplômés, qui ont davantage de difficultés à trouver un contrat en apprentissage ou un premier emploi. Cités en mouvement peut permettre de mettre en relation des jeunes avec des entreprises qui recrutent et auxquelles ils n’auraient pas pensé.

> Cités en mouvement se propose-t-il de jouer un rôle d’orientation professionnelle ?

Anouck Jurauver : Ce serait plutôt un partage. Dès que je rencontre un étudiant en droit ou un jeune qui envisage cette filière, je lui parle de mon expérience. Nous essayons de nous mettre en contact les uns avec les autres, de ne pas être avares d’informations sur les meilleures filières, de mettre en garde sur les difficultés rencontrées, etc.

Mohamed Gareche : En complément du travail des conseillers d’orientation, nous voulons sensibiliser les plus jeunes à leur parcours professionnel. Science-Po, HEC, droit, médecine, c’est possible mais à condition de trouver les bonnes informations ! Aucun obstacle illégitime ne doit venir nous entraver, ni discrimination, ni autocensure.

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