Paroles d’étudiantes de Sciences Po Lille venues de ZEP.

Le 18 novembre 2008
0

Iep_121Elles sont jeunes, étudiantes en 3ème année à l’Institut d’Etudes Politiques de Lille et pleines d’espoir. Laura et Hindati ont bénéficié des conventions qui lient Sciences Po au lycée André Lurçat de Maubeuge, classé en Zone d’Education Prioritaire. Pendant leur année de terminale, les deux jeunes femmes ont suivi des cours supplémentaires de préparation au concours avant de passer un oral au mois de juillet. « L’inquiétude principale était de ne pas avoir le concours et d’avoir passé un an à travailler beaucoup alors que j’avais de plus en plus envie d’entrer à Sciences Po » se souvient Hindati.A son arrivée au sein de la grande école, Laura reconnaît avoir vécu « un choc culturel » : « J’avais des préjugés, les autres aussi. Mais pour moi, le principal était de ne pas renier d’où je venais, le parcours que j’avais eu. ». Des préjugés qui se sont effacés une fois les premiers examens obtenus : « Les autres se sentaient à leur place parce qu’ils avaient réussi le concours d’entrée. Nous, pour imposer un minimum de respect il fallait avoir des bonnes notes » précise Laura.080920sciencepoexergue

Leur regard sur le marché du travail ? Hindati l’avoue : «  Depuis mon entrée à Sciences Po, je me sens plus informée, plus sereine quant à mon avenir. J’ai l’impression d’avoir plus d’assurance face au marché du travail ». Laura a encore du mal à se projeter mais elle aussi a conscience qu’être à Sciences Po est une chance : « Je connais beaucoup de gens venant de la même ville que moi qui ont des difficultés sur le marché du travail. La discrimination existe et être fils d’immigrés n’aide pas vraiment à trouver un emploi ». Face à cette réalité, leur conseil est de « s’accrocher » comme le dit Laura, même si « ça n’est pas facile de tirer son épingle du jeu. » De son côté, Hindati en est convaincue « Il ne faut pas hésiter à penser grand. Par définition, un jeune des quartiers défavorisés est défavorisé par rapport aux autres jeunes. Aussi choquant que ça puisse l’être, cela demande deux fois voire trois fois plus d’efforts pour s’en sortir. Il faut s’en donner les moyens. Moi j’ai la chance d’avoir été aidée. »

Et à 20 ans à peine, les deux jeunes femmes ont de l’ambition : Laura voudrait être professeur agrégée d’économie. Hindati a toujours voulu travailler dans la communication publique : « Avec tout ce qui se passe en ce moment, crise financière, alimentaire, appauvrissement des populations, je pense me diriger vers le conseil en affaires publiques, c’est-à-dire défendre une cause et faire pression sur les dirigeants pour faire bouger les choses dans le bon sens ».

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Share on LinkedInPin on Pinterest