E2C : kezako ?

Le 12 janvier 2009
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Cela fait déjà dix ans que les Ecoles de la seconde chance (E2C) ont vu le jour. Le premier établissement a été créé à Marseille en 1997. Si le nombre d’établissement s’est multiplié, les objectifs n’ont pas changé : favoriser l’intégration de ceux qui n’ont pas réussi dans le parcours scolaire. Jean Serror, coordinateur pédagogique de l’E2C Paris, nous explique tout.

>> Les E2C, c’est quoi ?
L’Ecole de la deuxième chance est une passerelle, un tremplin pour des jeunes qui ont quitté l’école trop tôt ou sans qualification. Ces derniers rencontrent souvent des difficultés à s’insérer dans le monde du travail et ont parfois vécu des expériences de précarité. Pendant 10 mois, ils sont en alternance. L’E2C se concentre sur trois points. La reprise d’un apprentissage de base permet dans un premier temps de se rassurer et de développer ses compétences en français, mathématiques, etc. Ensuite, vient le temps d’établir le projet professionnel. L’élève passe trois semaines en école et trois semaines en entreprise. Enfin, le troisième volet consiste à développer des compétences transversales.0810-08E2CV2Exergue

>> Pas besoin d’un projet précis. Il suffit d’avoir envie ! Avoir un projet professionnel n’est pas nécessaire pour intégrer une E2C. Il faut juste avoir envie de revenir sur les bancs de l’école ! « Nous sommes l’Ecole de la réussite. Pour y entrer, il faut avoir envie d’apprendre et avoir envie d’entrer dans le monde du travail », insiste Jean Serror de l’E2C Paris. « Le système en alternance permet de découvrir le monde du travail et des métiers différents. Durant la première phase, la période d’essai, les jeunes alternent les stages. Ils ont la possibilité de tester plusieurs métiers. Dans la seconde phase, on travaille sur leurs centres d’intérêt et leurs aptitudes. Cela leur permet souvent de découvrir qu’ils ont des capacités pour un métier en particulier. » Vient ensuite le temps de la sortie. Deux solutions sont envisagées : une formation qualifiante ou un emploi.
A noter : la durée de chaque phase dépend du profil de chaque élève. Si vous avez un projet précis, la durée de formation sera beaucoup plus courte.

>> Comment faire pour entrer à l’E2C ? Pas de date de rentrée précise, l‘E2C a instauré un système d’entrée permanente. Toutes les semaines, une réunion d’information. Ensuite, les candidats ont 24 heures pour réfléchir et prendre rendez-vous. Ils ont alors un entretien avec deux formateurs. Une fois les critères de base remplis : avoir entre 18 et 25 ans, être sorti de l’école sans diplôme ni qualification depuis moins d’un an : « nous cherchons à connaître leur parcours et leur motivation. Nous voulons savoir s’ils sont là du fait d’une démarche volontaire car la formation à l’E2C est exigeante, c’est du 35 heures par semaine de 9 heures à 17 heures. » explique Jean Serror.

>> Un suivi personnalisé. La pédagogie de l’E2C est conçue autour l’individualisation. « Ces jeunes sont en échec scolaire, l’essentiel pour nous c’est de les mettre dans des situations d’apprentissage qui leur donnent confiance. Nous travaillons en fonction des besoins et des capacités de chacun. », souligne Jean Serror.
En début de formation, chaque élève passe ainsi un test de positionnement destiné à élaborer un plan de formation. Et pour s’adapter aux difficultés de chacun, les effectifs des classes sont réduits : une dizaine d’élèves au maximum.

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>> Des outils pour trouver des stages.
« Nous mobilisons toutes les techniques d’orientation vers l’emploi et travaillons sur les centres d’intérêt de nos élèves en leur apportant un suivi. Nous leur proposons de réaliser des enquêtes métiers. En définitive, nous ne faisons pas de placement en stage mais nous leur donnons tous les outils pour en obtenir. Ces outils seront indispensables par la suite pour rechercher un emploi », explique Jean Serror.
Si malgré ce soutien un élève ne parvient pas à trouver une entreprise, l’E2C mobilise son réseau d’entreprises partenaires. 400 à 500 entreprises connaissent la structure car elles ont déjà eu un élève en stage. « On sait bien que l’une des clés de la réussite de la recherche d’emploi, c’est l’activation d’un réseau. A l’E2C, comme dans les grandes écoles, on facilite la création de ce réseau. », poursuit Jean Serror.

>> Un constat : la présence de secteurs en tension. « Les entreprises ont des besoins de recrutement sur un premier niveau de qualification qu’elles n’arrivent pas à satisfaire. C’est ce qu’on appelle les secteurs en tension. » explique Jean Serror. Ces secteurs évoluent en permanence. Résultat : au sein de l’E2C, une personne est chargée de sonder les besoins des entreprises. A l’heure actuelle : les secteurs en tension sont le bâtiment, l’hôtellerie et restauration mais aussi des métiers niches comme l’aide-comptable. En fonction du bassin d’emploi et de l’évolution démographique, il y a aussi la distribution, le commerce, les technologies, les aides à la personne, la petite enfance, etc.

>> Un plus : Pendant sa scolarité, le jeune est rémunéré au titre de la formation professionnelle.

>> Alors, motivé ? Vous trouverez l’E2C la plus proche de chez vous parmi la liste disponible sur le site de la Fondation des E2C ainsi que de nombreux renseignements supplémentaires.

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