Hommes/femmes au travail: ces stéréotypes qui vous censurent !

Le 22 juin 2012
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L’homme “leader” et la femme “fonction support”. Ces préjugés de genre, aussi tranchés que les rayons roses et bleus des magasins de jouets pour enfants, sont encore partagés par près d’un manager sur deux. C’est ce que révèle l’étude menée en 2012 par IMS entreprendre pour la cité, en collaboration avec le psychologue social Patrick Scharnitzky. Une étude qui vous aidera sans doute à aborder différemment votre entretien d’embauche !

Près de 1200 entreprises ont été sondées et elles partagent toutes, avec plus ou moins d’intensité, des idées reçues sur ce sujet qui ne sont pas sans conséquences pour les salariés : choix du métier, autocensure pour l’accès aux responsabilités, différences dans l’évolution de carrière et de rémunération, etc. Elles peuvent aussi nuire aux entreprises : en écartant du recrutement une personne sur un ou plusieurs critères de ce genre, elles se privent de compétences et de profils intéressants.

Les femmes restent majoritairement associées aux qualités d’écoute et d’empathie, de diplomatie et de sensibilité, et sont jugées polyvalentes. Les hommes continuent d’être présentés comme des forces de proposition, combatifs, négociateurs, confiants et capables de gérer le stress. L’étude révèle que ces stéréotypes sont partagés, intégrés inconsciemment par la plupart des femmes et des hommes. Ils et elles, vont avoir tendance à s’y conformer, persuadés d’avoir une idée précise de ce que l’on attend d’eux.

> La crainte d’être « mal vu »

Le jugement est très sévère pour ceux qui s’éloignent du schéma prédéfini. Les femmes auront tendance à percevoir de façon très négative une femme qui aura une activité ou des comportements considérés comme masculins. Elles la jugeront péjorativement comme une caricature d’homme, ne s’identifieront pas à elle, avec des commentaires de ce type : « Si c’est pour ressembler à ça, je préfère rester à ma place ».

« C’est une question de désirabilité sociale », explique Ines Dauvergne, responsable diversité à IMS-Entreprendre pour la Cité et responsable de cette étude. « Certaines femmes se détournent de positions intéressantes parce qu’elles ont le sentiment que pour les occuper, elles devront se renier et adopter des comportements mal considérés socialement ». Autrement dit, cela engendre une autocensure importante.

Pour éviter ces inhibitions, les pistes sont nombreuses.

> Favoriser la mixité dans l’entreprise : « plus on se connaît, plus on s’apprécie »

Stereotype2Les entreprises les plus mixtes sont celles où l’image de son propre sexe et de l’autre sexe sont les moins stéréotypées. « C’est la bonne surprise de cette enquête », confie Ines Dauvergne. « Plus on a de contact avec l’autre sexe, plus on collabore, plus les préjugés diminuent grâce à l’expérience réelle, grâce au fait d’avoir sous les yeux des contre-exemples. C’est ce que les psychologues sociaux appellent “la théorie du contact”. Nous avions déjà constaté ce phénomène l’an dernier avec l’étude sur le handicap dans l’entreprise. » De plus, il existe un effet miroir qui valorise l’image que chaque sexe a de lui-même.

> La vigilance individuelle

Pour IMS entreprendre pour la cité, l’intérêt d’un telle enquête est de rendre visible l’existence de ces préjugés et d’inciter les salariés à se questionner. Par exemple, lorsqu’une femme manquera de confiance en elle ou en ses compétences, elle pourra se demander si elle n’est pas en train de s’appliquer à elle-même un stéréotype social.

Par ailleurs, les plus jeunes d’entre elles sont persuadées que les recruteurs ont des préjugés, sans se douter que de leur côté, elles ont aussi des idées préconçues, ainsi qu’une mauvaise anticipation de ce que recherche l’entreprise. Pour éviter ces malentendus, Ines Dauvergne conseille d’aborder l’entretien d’embauche comme « une rencontre entre deux personnes, deux personnalités ».

Plutôt que de lister les tâches que l’on a effectuées comme standardiste, il est préférable d’évoquer les compétences que l’on a su mobiliser. Répondre au téléphone ou gérer les entrées et les sorties peuvent se traduire par « capacité de mémorisation, de hiérarchisation, capacités relationnelles ».

« S’en tenir au savoir-faire, savoir être et aux expériences concrètes est aussi le meilleur moyen d’éloigner les fameuses “questions interdites”, sur la situation familiale ou le projet de maternité », ajoute Ines Dauvergne. « J’invite les jeunes qui y seraient confrontées à se montrer malignes pour recentrer la conversation sur le poste, rien que le poste ».

> Testez-vous

Un guide est disponible sur Internet « Les stéréotypes sur le genre : comprendre et agir dans l’entreprise »

En plus de donner les conclusions de l’enquête, il propose un chapitre pratique : “Testez-vous : comment agir en faveur de l’égalité professionnelle dans votre entreprise ?

Ce chapitre initialement destiné aux cadres et aux recruteurs, s’avère riche d’informations concrètes pour les plus jeunes. A base de questionnaires simples et de tests, il montre la présence des stéréotypes dans l’organisation de l’entreprise, du recrutement à la promotion de carrière, en passant par la souplesse dans la mise en place des temps partiels. Par exemple, les horaires des réunions importantes sont-ils favorables à l’équilibre des temps de vie ? Les promotions se font-elles par le biais des relations ou selon des compétences bien définies ?

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