Abdel Belmokadem. Portrait d’un chef d’entreprise engagé.

Le 19 février 2009
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DessiningeusFévrier

Abdel Belmokadem n’en finit pas de le répéter. Il est un « pur produit de Vaulx-en-Velin ». Mais les difficultés qu’il a rencontrées, il a su les transformer en forces. Aujourd’hui, à la tête de Nes & Cité, cabinet de formation en médiation, en gestion des conflits et des violences urbaines, il n’a pourtant aucun diplôme, « si ce n’est le permis voiture ».

Né à Vaulx-en-Velin dans la banlieue de Lyon, Abdel va à l’école jusqu’en terminale mais ne passe pas son bac. « J’étais conscient que j’arrivais à peine à lire et à écrire une phrase ». Lui qui n’est pas « scolaire », comme il l’avoue, s’en est sorti un temps grâce au sport. La boxe plus précisément. Après une longue carrière amateur, il passe professionnel à 19 ans mais arrête rapidement. « Quand on est boxeur professionnel, la seule ambition est de devenir champion du monde ». Mais le jeune homme à l’époque a envie de passer à autre chose et n’est plus prêt à faire autant de sacrifices pour le sport.

« Du haut de l’affiche en boxe, je suis passée au bas de l’affiche dans la vie ». Ceux qui lui promettaient tout lorsqu’il était sportif ne sont plus là. Abdel est seul. Il cherche alors du travail, « comme tout le monde ». Industrie, bâtiment, distribution, il enchaîne les petits boulots et les secteurs. Comme il accepte toutes les offres, il ne connaît pas le chômage. « Mais très vite, j’ai compris que ce n’était pas ce que je voulais faire ».
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Le déclic ?
Les émeutes de 1990 à Vaulx-en-Velin. Abdel s’improvise médiateur. « C’était mon quartier et mes copains. Alors je me suis dit que mon devoir était d’instaurer un dialogue entre les jeunes, la police, les habitants et les politiques ». Un mois plus tard, le gouvernement crée dans le cadre de la politique de la ville un poste expérimental de médiateur de quartier. Abdel est retenu. Il consacre 8 ans de sa vie à appliquer une politique fondée sur le dialogue, l’emploi et le sport, « le nerf de la guerre ».
Mais le jeune homme le sait : à l’époque conAbdel BELMOKADEMtractuel, s’il veut devenir fonctionnaire, il doit passer les concours.

Retour à la case départ ? Non. Il monte sa propre entreprise, Nes & Cité. Lorsqu’il se lance en 2000, il dispense un module de formation, puis deux. Aujourd’hui, une quinzaine.
Cinq ans plus tard, il décide de réinvestir l’argent qu’il gagne dans une action pour la société et crée un forum emploi. Mais pas n’importe lequel. Son forum se déroulera dans un camion de 33 tonnes. A bord,
les recruteurs. Objectif : sillonner les quartiers. Abdel décline le concept au pied des tours dans des locaux associatifs et dans les stades. Sa grande réussite : le stade de France en novembre 2008. 3500 candidats sont venus. « Il y avait 200 mètres de queue à l’entrée. Tout le monde était content. Tout le monde est entré et sorti avec le sourire ».

De cette vie passée à aider les autres, Abdel Belmokadem tire l’envie de se lancer en politique. Il « veut faire entendre un certain nombre de voix et d’idées ». Surtout, il veut enfin que prenne corps la diversité dont les partis parlent tant. Aujourd’hui, il est quatrième adjoint au maire de Vaulx-en-Velin, délégué au développement économique.

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