Portrait d’un sportif accompli du Nord

Le 30 octobre 2008
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Fullcontact 150 combats et seulement cinq défaites. Du haut de son mètre soixante et onze, Malik Mangouchi assure. A 34 ans, son palmarès n’en finit pas : champion du monde de full contact, champion du monde et champion intercontinental de boxe thaï….Sportif le jour, il est aussi surveillant de nuit dans une maison de l’enfant, où séjournent des jeunes séparés de leurs parents par la justice. « J’ai aussi mon club d’entraînement. Depuis 2003, cent personnes viennent s’entraîner » explique Malik. Et quand on lui demande s’il est fier d’être devenu un modèle pour les jeunes de son quartier, il répond : « Je ne peux qu’être fier. Je vois des gamins qui viennent s’entraîner chez moi et qui veulent avoir le même palmarès que moi. » La seule chose qui l’ennuie: « Tout le monde croit que je suis milliardaire. C’est loin d’être le cas ». La plupart du temps, ses combats en championnat ne lui rapportent que quelques centaines d’euros. La boxe, c’est un copain qui l’y emmène à la fin des années collège. « Je voulais faire comme Bruce Lee » se souvient Malik. Aujourd’hui, celui qui a passé son enfance dans les cités du Nord le reconnaît, le sport lui a ouvert des portes. « A l’école, je faisais l’imbécile. Je voulais faire rire les autres. J’ai traumatisé quelques profs.».080919mangouchiexergue_2 Aux yeux du sportif, la vie n’a pas toujours été facile. « Quand j’étais jeune, je me sentais tout le temps mis à l’écart. Et aujourd’hui, j’ai neuf frères et sœurs et je suis le seul qui soit embauché en CDI. Je ne comprends pas pourquoi. ». Ses conseils pour les jeunes ? Bien travailler à l’école, respecter les autres, écouter ses parents et : « être honnête envers les autres et envers soi-même. L’honnêteté, ça paie. ». Mais ce qui compte par-dessus tout d’après Malik, c’est de « croire en ses rêves et de poursuivre ses objectifs ». Et aujourd’hui, le trentenaire a encore un rêve : devenir éducateur sportif pour une municipalité. Malgré ses diplômes et ses multiples candidatures, il n’a pas encore trouvé de poste. D’ici là, Malik fait preuve de patience. « Ma plus belle qualité » conclut-il.

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