Jeunes femmes : pourquoi pas un métier d’homme ?

Le 7 mai 2012
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Mécanicienne, électricienne, menuisière, conductrice de bus. Derrière la féminisation des mots, la féminisation réelle des emplois reste à concrétiser. Les organismes d’insertion professionnelle des femmes relèvent le défi pour faire diminuer la précarité et leur permettre de s’épanouir dans des domaines inattendus. Tour d’horizon.

Menuiserie-ingeus«Hommes, femmes : à travail égal, salaire égal », le slogan est devenu règle de droit. Mais dans les faits justement, les hommes et les femmes exercent rarement le même travail. Selon l’INSEE, plus d’une femme active sur deux travaille dans le social, les services aux particuliers, la santé ou l’éducation.

Un taux qui s’explique en grande partie par les choix d’orientation qui s’effectuent souvent dès le collège. Dans l'enseignement professionnel, 80 % de filles se regroupent dans les quatre spécialités de services (secrétariat, comptabilité, commerce, sanitaire et social) quand les garçons font des choix beaucoup plus variés.

Dommage ! Car ces métiers traditionnellement féminins sont aussi les moins rémunérateurs et offrent peu de perspectives d’évolution : beaucoup de postes à temps partiel, moins de formation continue, peu de compétences spécifiques valorisables.

> Une situation qui évolue

Mais ces statistiques sont mieux connues aujourd’hui et les choses évoluent, notamment du côté des entreprises. Martine Bacon est membre du conseil d’administration du CIDFF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles) du Nord et travaille à la Mairie de Lille : « Les changements de mentalité viennent de l’éducation mais la situation change aussi. On le sait moins, mais les employeurs souhaitent aussi que les professions masculines se féminisent. » Dans les Bureaux d’Accompagnement Individualisé vers l’Emploi, « nous constatons que des portes s’ouvrent pour les filles dans le bâtiment parce qu’elles sont souvent mieux formées que les garçons » Cela leur sert au quotidien dans le travail mais il y a un petit plus : au moment d’être recrutées, elles savent mieux se mettre en valeur.

Elles sont aussi réputées plus constantes et assidues. Organisées dans leur vie privée où elles jonglent parfois seules avec plusieurs plannings, elles deviennent aussi « organisatrices » sur les chantiers, capables d’anticiper et de gérer les délais.

Dans la région Nord, on trouve ainsi de plus en plus de femmes sur les paquebots. Elles prennent en charge la gestion des containers ou les expéditions à l’international 24h/24. « Elles sont aussi plus soigneuses dans les finitions», a confié à Martine Bacon un collaborateur d’architecture qui fait appel à des carreleuses.

> Sabine, menuisière

La preuve ? Sabine Guidat, menuisière « pas encore trentenaire » aux jolies boucles blondes, embauchée par un menuisier d’agencement anglais parce que, dit-il : « mes autres gars sont des « bûcherons », j’ai besoin d’une personne minutieuse et appliquée pour les vernis, la lasure… ».

La reconnaissance de ses galons d’artisan, la jeune femme l’a pourtant obtenue de haute lutte auprès des compagnons du devoir. C’est un coup du hasard qui l’a fait passer, en 2002, devant le bureau des compagnons à Strasbourg. A l’époque, elle recherche une entreprise pour un BTS en alternance comme décoratrice d’intérieur mais ne trouve rien. Elle a entendu parler de la réputation des compagnons et décide de franchir le pas et demande s’ils « prennent des femmes ». « Oui, » lui répond la secrétaire, « depuis cette année ! »

> Pas de favoritisme

Pendant ses deux années d’apprentissage en menuiserie, Sabine évolue en milieu hostile. Seule fille au milieu de 300 garçons, les brimades sont quotidiennes pour lui faire comprendre qu’elle n’est pas à sa place. « Nous mangions sur de très grandes tables. Il suffisait que je m’assois en premier et ils me laissaient seule. Si je me joignais à eux, ils se levaient et partaient. » Heureusement, une partie de la direction était favorable à l’ouverture et organisait des réunions pour favoriser l’insertion des femmes.

« De mon côté, je me suis prise au jeu : ça ne te plait pas que je reste ? Eh bien ! je reste », les nargue-t-elle. Une petite compétition a fini par s’installer : « Je mettais les bouchées doubles pour montrer que je méritais ma place et eux devaient être à la hauteur pour ne pas se laisser dépasser par une fille. A la fin, le niveau était plutôt haut ! »

Côté clientèle pas de doute, Sabine est convaincue qu’être une femme menuisière est un avantage : il y a un effet de surprise favorable lors du premier contact et « les femmes viennent plus facilement vers moi, elles me font confiance, comme j’irais plus facilement porter ma voiture à la mécanicienne toute pomponnée rencontrée lors des réunions d’insertion. »

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2 commentaires Commenter

  1. bracelli . 28 août 2012 . Répondre

    une jeune et jolie femme très dynamique dans son travail . que j’admire et encourage vivement .
    guy

  2. bracelli . 15 mai 2013 . Répondre

    un rayon de soleil dans mon atelier chaque semaine .
    un petit bout de femme très motivée dans son travail ,sérieuse,honnete avec qui l’on souhaiterait travailler .
    ravissante à croquer .
    guy