Luxe, BTS et curiosité : le passeport de Sihem vers la licence pro.

Le 22 août 2012
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Dans l’appartement qu’elle partage avec sa famille à Vaulx-en-Velin, Sihem, 23 ans, prépare sa valise pour Marrakech. A l’intérieur, ni maillot de bain, ni crème solaire. Elle les a troqués contre un ordinateur, des stylos et un carnet de note : Sihem s’envole au Maroc pour préparer une licence professionnelle en alternance dans un hôtel de luxe, et elle n’est pas moins joyeuse que si elle partait réellement en vacances.

Retour sur un parcours qui n’a pas toujours eu la fluidité d’un vol long courrier.

SihemDepuis la classe de terminale, Sihem travaille pour financer ses études. L’an passé, alors qu’elle est en BTS Assistant manager en commerce international, la jeune femme a un planning bien chargé. Elle cumule les cours, un poste d’hôtesse de caisse qui l’occupe 15 heures par semaine, des stages et la recherche de formations et d’entreprises pour continuer en licence professionnelle dans l’hôtellerie de luxe.

> Un peu d’audace, un peu de chance, beaucoup de persévérance et Sihem décroche son billet pour Marrakech

Son premier stage d’observation au Sofitel de Marrakech en 2010, elle l’obtient seule, sans recommandation. « J’avais envie de découvrir un autre pays. Mes origines algériennes auraient pu me porter vers Alger, mais le Maroc m’a semblé plus ouvert et on y parle davantage l’anglais. Mes copines parlaient de Marrakech. J’ai trouvé le numéro de téléphone de la direction des ressources humaines du Sofitel et je les ai appelés directement. J’ai eu de la chance, j’ai pu parler immédiatement à quelqu’un qui m’a demandé d’envoyer un CV et des photos. En revanche, il a fallu ensuite que je les relance de nombreuses fois avant d’obtenir un entretien téléphonique de trois quarts d’heure. »

La suite, ce sont deux stages d’un mois et demi, puis trois mois comme assistante auprès de la direction de l’hôtel. « J’ai eu la confirmation que ça me plaisait vraiment » explique la jeune femme, « découvrir un mode de vie différent, d’autres cultures, voir les mélanges de population, pratiquer les langues étrangères, etc. »

Un univers proche de ce qu’elle imaginait plus jeune, fascinée par les reportages télévisés sur les palaces, la grande cuisine ou les stations balnéaires. « Le luxe, ça me faisait rêver, c’est beau. Je me disais : la petite lyonnaise va-t-elle y arriver ? Je pensais qu’il fallait un bac +10 ! »

Alors, lorsque son emploi du temps surchargé lui fait rater son diplôme de BTS et qu’elle doit accepter un travail de téléprospectrice pour raison pécuniaire, la déception est grande. C’est à l’opposé de ce qu’elle recherche dans son travail : « être bien à l’écoute des gens, ne pas les juger d’emblée ». « Je réussissais à avoir des réponses d’établissements comme le Ritz à Paris. Ils se montraient intéressés, je passais même des entretiens mais ça ne se concrétisait pas car je manquais d’expérience. » Elle décide alors de persévérer et de préparer son diplôme en candidate libre.

> Quand les exigences de Sihem rencontrent les stratégies proposées par Ingeus

« Sihem n’est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. Tout en étant en poste, elle continuait à chercher autre chose », se souvient Nathalie Bonin, sa conseillère Ingeus.
Sihem a aussi une bonne confiance en elle. Elle sait que son adresse à Vaulx-en-Velin pourrait la desservir mais elle la fait tout de même figurer sur son CV. « Au contraire » dit elle, « après, quand les recruteurs voient le diplôme, ils comprennent que je suis une fille qui “s’est bougée”. »

« C’était déjà une “bosseuse” et elle avait montré des qualités de persévérance », confie Nathalie Bonin. « Ingeus l’a surtout aidée dans sa stratégie, dans la gestion des priorités car elle jonglait entre travail alimentaire, études et perspectives professionnelles. »

Les 300 euros mensuels de la bourse du Contrat d’Autonomie ont ainsi constitué un joli coup de pouce quand elle a eu besoin de se recentrer sur son projet de licence professionnelle. Cela lui a permis de concentrer toute son énergie dans la recherche des centres de formation, ainsi que dans les relances indispensables auprès des établissements.

De son côté, Sihem a surtout été séduite par le professionnalisme des équipes Ingeus. « Je ne m’attendais pas à ce que les conseillères soient autant au courant du secteur qui m’intéressait. Or elles avaient des contacts avec des groupes comme Accor ou Hilton. L’une d’entre elles, Stéphanie, avait travaillé dans l’hôtellerie et m’a donné de nombreux conseils. Elles m’ont aussi préparée aux inévitables entretiens en anglais et j’ai participé à des ateliers sur la façon de se présenter, ce qu’il vaut mieux faire ou ne pas faire. »

Sihem s’attendait à un suivi régulier mais un peu administratif. Or, « les conseillères Ingeus m’ont réellement accompagnée. Même lorsque j’ai trouvé un petit boulot ! Elles auraient pu en rester là mais elles ont continué à prendre de mes nouvelles et à me présenter d’autres offres dans le secteur qui m’intéresse. »

Entre le stage à Marrakech, les cours à Annecy et la famille à Vaux-en-Velin, Sihem ne sera pas facile à suivre cette année, ni peut-être les suivantes : « après la licence, j’aimerais voyager encore, et pour améliorer mon anglais, travailler dans un pays anglophone ou en Asie… »

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