Paramédical: un secteur qui recrute aussi sans le Bac !

Le 30 avril 2012
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Focus sur les ambulanciers

Lorsque l’on évoque les métiers du secteur médical, on pense souvent aux médecins ou aux infirmiers. Pourtant, il existe de nombreux autres professionnels qui ont pour mission de prendre soin des patients. Parmi eux, les ambulanciers et les auxiliaires ambulanciers. Ils conduisent les malades vers les centres médicaux, en veillant à leur confort et à leur sécurité.

> Deux diplômes accessibles sans le Bac

L’auxiliaire ambulancier, après une formation de 70 heures environ, aura en charge exclusivement le transport du malade. L’ambulancier est lui diplômé d’état et s’inscrit dans une formation plus longue, pouvant aller jusqu’à un an en alternance. Il acquiert ainsi des compétences paramédicales, son champ d’action est donc plus vaste.

Pour accéder à la formation, dans les deux cas, il faut être titulaire du permis de conduire depuis au moins 3 ans (2 ans pour ceux qui ont appris en conduite accompagnée).

AmbulancierImpossible de s’orienter vers ce métier sans aimer conduire, mais ce n’est pas la qualité primordiale recherchée par les employeurs. Pour Vincent Pommier, directeur de l’Institut de formation d’ambulancier de Bobigny, et chef d’entreprise dans ce secteur, un bon ambulancier doit avant tout être à l’écoute et rassurant. « Lors des sélections des futurs élèves, au moment de l’oral, je me dis toujours : imaginons que ma mère soit malade. Est-ce que j’ai confiance en cette personne ? Est-ce que je lui confierais ma mère ? »

Mélanie Félix a 33 ans. Elle est ambulancière depuis qu’elle a 26 ans. Pour elle aussi, les qualités humaines sont indispensables. « C’est un métier où l’on vit des choses très fortes. En SAMU par exemple, il faut savoir évaluer la situation du patient, gérer la panique de la famille mais parfois aussi le stress de son coéquipier, quand ce n’est pas ses propres émotions. »

Généralement, les transports se font à deux coéquipiers. Pour la jeune femme, il s’agit d’un bel avantage : « Cela permet de développer des moments de complicité et de mieux garder son sang-froid, surtout lorsque l’on est complémentaires ». Avec l’expérience, elle a en effet appris à mieux se connaître : « Je sais que je suis plus « psy qu’hémoglobine ». La détresse psychologique me perturbe moins que le sang et les accidents graves. »

Mélanie ajoute : « De toute façon, on ne sait jamais ce qui nous attend sur place. » C’est d’ailleurs ce qui lui a plu dans le métier : être sur la route, se sentir utile et autonome, s’adapter à toutes sortes de personnes et de situations.

> Gare au syndrome « Urgences »

Claire Lanaspre, rédactrice en chef du pôle santé de l’Onisep, nuance cette image de métier « adrénaline » : « Il y a souvent de longs moments d’attente, par exemple lorsque les ambulanciers prennent en charge une personne à l’aller et au retour des soins. »

En définitive, tout dépend du type d’employeur, du lieu et du service pour lequel on travaille. A chacun de trouver le rythme qui lui correspond le mieux. En effet, le transport en ambulance concerne aussi des patients réguliers, comme des dialysés ou des cancéreux, que l’on côtoie parfois pendant deux ans. Des relations se créent inévitablement. « Il faut être solide quand on voit que son planning a été modifié parce qu’une patiente est décédée », témoigne notre jeune ambulancière.

« C’est un métier où l’on donne beaucoup », confirme Vincent Pommier, lui-même ambulancier pendant plus de dix ans, « le salaire n’est pas toujours à la hauteur, mais c’est humainement très gratifiant. » L’auxiliaire est rémunéré au SMIC. L’ambulancier diplômé d’état, quant à lui, gagne 110 euros de plus, soit 1510 Euros bruts mensuels. Souvent, les heures supplémentaires ou le service de nuit permettent d’améliorer ses revenus.

> Avoir les notions de base en français et en math

Si un permis de conduire valide est le sésame indispensable, des tests écrits servent aussi à vérifier les bases en français et en maths. Il n’y a pas de piège, mais un niveau correct en français est nécessaire pour rédiger les fiches bilans après une mission. Quant aux mathématiques, il faut être à l’aise avec la règle de 3, être capable de savoir s’il reste assez d’oxygène dans la bouteille pour la durée du trajet en fonction de ce que le patient consomme.

> Les filles aussi !

Le métier est « physique » : conduire longtemps ou en situation de stress, procéder à des manipulations délicates. « Malgré cela, la pénurie d’ambulanciers est telle que les filles réussissent à se faire recruter » indique Vincent Pommier. « Dans les deux dernières sessions de l’institut de formation d’ambulancier de Bobigny, près d’un élève sur deux était une femme. »

Vincent Pommier explique que la maturité est cruciale dans le recrutement, et la persévérance récompensée : « Lors de la sélection l’an dernier, j’avais refusé un jeune. Il s’est représenté cette année. Il m’a semblé avoir mûri et j’ai été touché qu’il fasse l’effort de revenir. Nous lui avons donné sa chance. Je ne le regrette pas, c’est un de nos élèves les plus impliqués. »

> Où se renseigner, où se former?

De nombreux organismes proposent la formation d’auxiliaire ambulancier ou le DEA (Diplôme d’Etat d’Ambulancier), parfois en alternance.

Les CCI (Chambres de commerce et d’industrie)

Le campus des métiers de Bobigny, en Seine-Saint-Denis

Des institutions comme la Croix-Rouge française ou l’ordre de Malte, mais aussi l’éducation nationale, par le biais des GRETA.

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