Rencontre Medias Banlieues : encore des progrès à faire

Le 12 novembre 2009
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Erwan-Ruty « Pendant longtemps, on ne parlait des banlieues que quand ça pétait. Depuis les émeutes de 2005, les choses ont un peu évolué, mais le traitement médiatique des quartiers reste très insatisfaisant ». Un constat sévère, dressé par Erwan Ruty, fondateur de l’agence de presse Ressources Urbaines. « Notre agence a pour objectif de fournir du contenu informationnel qui permette de mieux comprendre la complexité des quartiers en sortant de la caricature » explique Erwan. En s’appuyant sur un collectif de journalistes majoritairement issus des banlieues, Ressources Urbaines opère sur le terrain et ambitionne de créer des passerelles entre les quartiers d’un côté, et les institutions et médias nationaux de l’autre.

Une journée de rencontre pour favoriser le dialogue

Le 13 octobre dernier, Ressources Urbaines et l’association Presse & Cité ont organisé une rencontre Médias Banlieues, à la Grande Halle de la Villette à Paris. « L’objectif était de montrer l’originalité et la qualité du travail produit par les médias issus des quartiers » précise Erwan. Effectivement, la production est riche. Partout en France se développent des journaux, des blogs et des radios qui donnent de la voix aux banlieues : il y a le Bondy Blog évidemment, mais Erwan cite aussi le magazine Fumigène à Caen, Le Petit Insolent à Marseille, ou encore la radio HRD à Rouen. « Ces médias offrent une couverture de proximité que ne peuvent pas assurer les médias nationaux » explique Erwan. Il souligne également la dimension citoyenne et sociale de ces structures : « Elles donnent aux habitants des quartiers la possibilité de s’engager et de devenir des citoyens actifs. Pour ceux qui n’ont pas accès aux grandes écoles de journalisme mais qui sont intéressés par le métier, il s’agit aussi de vrais lieux de formation ».

Bilan de la rencontre

Alors, satisfait de la rencontre du 13 octobre ? La réponse d’Erwan est mitigée. « L’aspect positif, c’est qu’on a senti l’envie et l’énergie qu’il y a dans les quartiers pour débattre et être reconnu » constate-t-il. En revanche, on décèle un brin de colère dans sa voix quand il évoque la quasi absence des collectivités locales et des médias nationaux lors de cette journée. « On les a invités et ils ne sont pas venus. Visiblement ils n’ont pas encore compris que ce qui se passe dans les banlieues rejaillit forcément sur l’ensemble de la société française et qu’ils auraient donc tout intérêt à s’y pencher sérieusement ».

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