Devenir boulanger : un rêve qui devient une réussite professionnelle

Le 3 juillet 2012
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Idrissa Fofana a 21 ans. Il habite à la Grande Borne à Grigny. Il est arrivé du Mali il y a quatre ans et vient de se classer deuxième au concours des apprentis boulangers inter-entreprises Auchan Ile-de-France. Félicitations !

Fofana112 candidats, 6h50 de concours, 6 sortes de pains à confectionner sous l’œil intransigeant des jurés. Un zest de stress, une pincée de concentration et une bonne dose de préparation : une recette à l’image de son parcours, mélange de détermination et de persévérance.

Fofana2Ce résultat, Idrissa Fofana le doit aussi à la belle rencontre avec Caroline, sa conseillère Ingeus. Dès le lendemain du concours, il téléphone à celle qui l’a accompagné pendant près d’un an : « Caroline, je suis arrivé deuxième au concours des boulangers, mais parce que le premier, c’est un redoublant ! », se justifie-t-il !

Une phrase où sa passion est perceptible. Le même enthousiasme que lorsqu’il prononce les noms des pains : auvergnat, baguette viennoise, campagne… ou les critères clés du concours « coupe, façonnage, régularité… là j’ai emporté pas mal de points ». Et tant pis s’il n’a pas confectionné miches et bâtards : « ce n’est pas que je les aie mal faits, avec le stress du concours j’ai complètement oublié ! »

Une erreur relativisée aussi par Djamel, son maître d’apprentissage chez Auchan : « Contrairement à la plupart des autres participants, Idrissa n’est qu’en première année de CAP, sa deuxième place est donc très satisfaisante, d’autant plus qu’il n’a pas eu beaucoup de temps pour se préparer. Nous n’avons fait qu’un seul concours blanc. »

> « Il voulait devenir boulanger et pas autre chose »

Lorsque Caroline le reçoit chez Ingeus à Grigny, il y a un an, Idrissa a accumulé les missions d’intérim comme agent d’entretien, préparateur de commande ou manutentionnaire. Mais le jeune homme a un autre projet : devenir boulanger comme son grand-père l’était au Mali. Lorsqu’il est petit, alors que ses parents émigrent en France, Idrissa est confié à ses grands-parents. À l’époque, son grand-père fabrique du pain qu’ils vendent sur les marchés de la région de Kersignané. « Je ne l’aidais pas vraiment à la cuisine, il me disait plutôt : Va me ramener ça, va me ramener ci ».

Après son arrivée en France « le 28 novembre 2007 » (il cite la date précisément), les souvenirs s’effacent un peu et il envisage la plomberie. À l’occasion d’un stage de trois mois proposé par la mission locale chez un boulanger à Evry, il reprend goût à la texture de la farine et à l’odeur du pain qui sort du four. Il va pourtant connaître sa première déception. « Je voulais y rester en apprentissage mais le patron m’a trahi. Il a trouvé quelqu’un qui serait intégralement payé par Pôle emploi, alors il ne pouvait plus me garder ». Il ne se décourage pas pour autant et essaie de combler ses lacunes scolaires. Grâce à FREE association à Evry, il suit des cours d’alphabétisation, de français et de mathématiques.

> « Un candidat comme on aimerait en recevoir tous les jours »

Trois ans vont s’écouler avant qu’il ne pousse la porte d’Ingeus et fasse la rencontre de Caroline. La conseillère Ingeus l’aide d’abord à remanier son CV et sa lettre de motivation puis à choisir les entreprises à cibler près de chez lui. Mais elle est aussi le témoin des embûches, comme lors de cette journée portes ouvertes où un recruteur juge la poignée de main d’Idrissa « trop molle ». « J’avais trouvé cela très injuste, se souvient Caroline, il était arrivé le premier, tôt le matin, sur un site éloigné de son domicile, il s’était mis sur son 31, il remplissait tous les critères exigés, et sa motivation ne faisait aucun doute ».

Parfois, ce sont les épreuves scolaires qui lui jouent des tours, en particulier les mathématiques. Mais il se fait aider par les copains et révise sur les manuels de ses petits frères.

Le parcours du combattant prend fin lorsqu’il intègre l’école de boulangerie de Paris XII Bercy, « une bonne école », précise Caroline avec fierté. « Il a réussi les épreuves sur table. J’avais un contact chez Auchan Villebon et grâce au soutien d’Ingeus, garant de son assiduité, ils ont accepté de le tester. J’avais aussi promis de lui rendre visite dans l’entreprise, et je l’ai fait. Cela a eu plusieurs effets positifs. Les liens avec l’entreprise se sont renforcés, car elle a vu que nous le soutenions. Et Idrissa a pu entendre tout le bien que ses collègues pensaient de lui, cela l’a beaucoup encouragé. » Pour le jeune homme, la venue de Caroline a surtout donné confiance au responsable, parce qu’ « un mec qui habite à Grigny, on peut se dire qu’il est pas poli, pas sérieux… ».

Comme Idrissa Fofana, plus de 54% des jeunes accompagnés par Ingeus qui ont signé un Contrat d’autonomie ont trouvé un emploi durable, une formation qualifiante ou ont créé leur entreprise.

Vous avez entre 18 et 25 ans et vous habitez un quartier prioritaire, n’hésitez plus, appelez Ingeus 0800 210 410 (numéro vert gratuit depuis un poste fixe) ou venez sur l’un de nos sites.

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Un commentaire Commenter

  1. Asia . 19 septembre 2012 . Répondre

    Dommage que ce dispositif ne soit réserver qu’au 18-25ans…